Souvent considérés à tort comme extrémistes et hypocrites, les vegans sont au quotidien la cible de réflexions et de moqueries. Que ce soit en famille ou entre amis, chaque repas est l’occasion de faire fuser quelques vannes, du type : « mais tu ne bouffes que de l’herbe ! » Lassée de ces soudaines vocations de nutritionniste qui semblent naître à chaque mangeaille et de toutes ces remarques, non par manque d’humour, mais par usure, l’heure est venue de répondre aux clichés vegans, en y apportant des faits, des chiffres concrets et une bonne dose de sarcasme. Un article sans prétention aucune, n’étant pas plus une nutritionniste que mes amis détracteurs. La seule différence étant que la nutrition et le véganisme sont des sujets qui me passionnent et qui m’ont permis d’acquérir un certains nombre de connaissances avec le temps. Amis vegans, l’heure est venue de prendre du poil de la bête (au sens figuré), adressons nos réponses à ces 6 clichés vegan !

 Cliché vegan nº1 : « Et tu les trouves où tes protéines ? »

Réponse pédagogue : Premièrement, la peur du manque en protéine qui semblent inquiéter tant de personnes n’est ni plus ni moins qu’un faux débat. La carence en protéine n’existe tout simplement pas, hormis dans des pays du tiers-monde où sévit malheureusement la famine. Secondo, ce dont le corps a besoin, ce n’est pas des protéines même, mais de leurs constituants, les acides aminés. Un élément présent aussi bien dans la viande que dans les légumes, céréales, oléagineux, etc. Et c’est là où devrait se poser le vrai débat de la protéine, non en terme de carence mais d’assimilation, puisque sa transformation en acides aminés produit de l’acide urique. Étant ingéré en masse dans le cadre d’un régime omnivore, nul besoin de faire un dessin pour comprendre les conséquences sur les reins notamment, d’une alimentation trop riche en protéines…

Réponse vengeresse : Pour commencer, tu sais ce que sont les protéines au moins ? Ou peut-être j’ai raté l’épisode où tu as obtenu ton master en nutrition ? Dans tous les cas tu saurais qu’il y a actuellement des protéines dans mon assiette et que la tienne en revanche, en contient beaucoup trop que la recommandation journalière conseillée, à savoir 10%. Et d’ailleurs, la côte de boeuf que tu es en train de manger, tu ne lui demandes pas où elle a trouvé ses protéines elle ? On ne le dira jamais assez : merci l’herbe.

Cliché vegan nº2 : « Et à part de l’herbe, tu manges quoi ? »

Réponse pédagogue : Beaucoup de choses que toi tu ne manges sans doute pas. Comme des graines germées et graines tout court, des oléagineux, des céréales, des algues, des légumineuses et bien sûr, des fruits et des légumes. Et quand je parle de fruits & légumes, je ne m’arrête pas aux haricots verts et aux petits pois carottes de tata Ginette, non, je parle de légumes d’hier et d’aujourd’hui. Rien que parmi les choux par exemple, je me régale de chou rouge, chou chinois, chou frisé, chou fleur, chou kale, chou fleur violet… Il se dit d’ailleurs que l’alimentation vegan serait 10 fois plus diversifiée que le régime omnivore.

Cliché vegan et leurs réponses

Réponse vengeresse : Je varie déjà entre le foin et l’herbe grasse. Et toi, la verdure et les cinq fruits et légumes par jour ça en est où ?

Cliché vegan nº3 : « Tu sais que l’homme est omnivore depuis la nuit des temps, nos canines en sont la preuve. »

Réponse pédagogue : Négatif. L’homme est devenu omnivore car il s’est adapté à son environnement, à savoir : l’ère glaciaire. Une période durant laquelle il lui a été indispensable de chasser pour se vêtir et se nourrir. Mais avant cela, l’homme vivait simplement de cueillette et il n’était d’ailleurs pas vegan, mais frugivore. Quant à nos canines, compare notre dentition avec celles des carnivores de ce monde, des omnivores, des herbivores et des frugivores et tu constateras que nous sommes exactement comme ces derniers. D’ailleurs, notre mâchoire s’articule de haut en bas et de gauche à droite pour mastiquer des fibres, contrairement aux mâchoires des espèces carnivores et omnivores qui ne s’articulent que de haut en bas.

Réponse vengeresse : Visiblement ça ne te réussi pas de suivre des cours d’histoire et de médecine dentaire en même temps, il va falloir choisir !

Cliché vegan nº4 : « Tu te rends compte de la place qu’il faut pour faire pousser tes graines ?! »

Réponse pédagogue : Il faut 1,6 hectares pour nourrir une personne vegan sur une durée d’un an. Trois fois plus pour une personne végétarienne et dix-huit fois plus pour une personne omnivore. Ces chiffres s’expliquent par le fait qu’il faut notamment 7kg de céréales afin de produire un seul kilo de boeuf. Un animal qui est d’ailleurs à l’origine herbivore, soit dit en passant… Il en va de même pour tous les autres animaux d’élevage. La production d’un kilo de porc par exemple, nécessite en moyenne 4kg de céréales. Cette réalité s’avère dévastatrice pour l’environnement, l’agriculture animale étant responsable de 91% de la déforestation de la Forêt Amazonienne. Et je ne parle même pas des besoins en eau démesurés de l’agriculture animale. Ni du fait qu’en plus des 6 millions d’animaux abattus toutes les heures, 3 millions d’animaux sauvages périssent chaque année à cause de l’agriculture animale.

Réponse vengeresse : Parce que tu penses que le veau qui t’as fait don de sa côte a jeûner durant les huit mois de sa vie ? Tout comme le poulet, qui avant de te donner ses ailerons, a certainement dû danser la Macarena durant ses 80 jours de vie.

Cliché vegan nº5 : « Les plantes souffrent aussi. »

Réponse pédagogue : Effectivement les plantes sont des êtres vivants dotés d’une sensibilité qui leur sont propre, mais restent totalement dépourvus de système nerveux. Un univers qui nous est encore inconnu, même aux scientifiques spécialistes du monde végétal. En revanche, il est désormais connu que les animaux ont eux la capacité à ressentir les émotions, le plaisir comme la souffrance. En France, l’article L214 du code rural reconnaît d’ailleurs cette sensibilité, tout comme le Code civil. Cependant, c’est ce même Code Civil qui soumet les animaux au régime des biens malgré tout. Croyant en l’antispécisme, j’ai fait le choix d’une vie sans exploitation et souffrance animale.

Cliché vegan et leurs réponses

Réponse vengeresse : Tout à fait. Je suce d’ailleurs des cailloux afin de subvenir à mes besoins en minéraux. Ça m’évite aussi d’entendre les carottes crier…

Cliché vegan nº6 : « C’est manger ou être mangé, instinct de survie. Tu ferais quoi sur une île déserte ? »

Réponse pédagogue : En tant qu’humaine et comme tout autre être vivant, si le cas échéant se présente je ferais ce que j’ai à faire pour survivre. Mais dans mon quotidien et ma vie actuelle, j’ai le choix et je choisis de ne pas manger d’animal. Ce n’est d’ailleurs pas sans me rappeler le drame du vol 571 Fuerza Aérea Uruguaya, où les survivants, perdus au beau milieu des Andes, ont été contraint de manger les cadavres des autres passagers. Pourtant, sorti du contexte de survie, au quotidien ce n’était vraisemblablement pas ce qu’ils mangeaient non plus.

Réponse vengeresse : Je n’ai pas encore prévu de me rendre sur une île déserte, mais je garderais un oeil ouvert sur les poulets, les veaux et les lapins armés. D’ailleurs tu n’aurais pas un spray anti-mouton à tout hasard ?

Si certains souhaitent davantage d’informations quant aux chiffres et faits avancés dans cet article, n’hésitez pas à me demander en commentaire, je vous partagerais les sources. Les clichés vegan sont si nombreux que cet article sera suivi d’un numéro deux très prochainement, voir peut-être d’un troisième… La revanche d’une vegan est en marche !

À très vite folks !

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